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samedi 30 janvier 2010

JE N'ENTENDS PAS LES ANIMAUX

Je n'entends pas les animaux enfermés dans les mots des livres, comme Croc Blanc ou Barbe Bleue, comme Jérémie Criquet et Julie Jumpeur, mais j'ai des lunettes noires pour regarder le soleil sans être vue.
Je l'ai déjà dit, mais ça ne me fait pas de mal de le répéter, alors quand je passe dans l'autobus Colvert à proximité de la centrale atomique de Gravelines, j'essaie de retenir mon souffle dans les poumons, et quand je n'y arrive pas, je respire à petits coups comme un chat qui lalape. Je l'ai déjà dit, mais ça ne me fait pas de mal de vous le répéter encore une fois, alors je pense en même temps à toutes les ondes électromagnétiques qui me traversent et aussi ce qu'il y a dans mon cabas, en marchant. Je frémis en pensant au contenu des images qui passent dans mon sang, peut-être une publicité pour des pâtes italiennes ou un film de pornographie cryptée.
Mais je finis toujours par me calmer. Je me couvre avec le vêtement qui sert à me protéger du froid, et dans le même temps, je suis enfermée dans ma peau comme un saucisson ridé.
Alors, je coupe la poire en deux et les cheveux en quatre.
Je garde ma bonne humeur, même si je n'ai pas le bras long et je dors sur mes deux oreilles par alternance.

jeudi 21 janvier 2010

MY ART BELONGS TO BLOGGIE

Avant ma destruction et balayage d’étoile point étoile, j’avais répondu à des questions d’enquête menée par Mademoiselle Limongi qui en était chargée dans un organe de presse. Mon opinion était marginale dans sa reproduction mais je l’ai exhumée d’un dossier pour la produire de nouveau en 2010.

Les questions de la détective

Ecrivain, c’est un « métier » ?
Comment vit un écrivain ? De quoi ?
Quelle est la part de l’activité d’écriture dans sa vie ?
Qu'est-ce qu'un blog littéraire ?
L'écriture du blog fait-elle partie intégrante de votre œuvre ?
Pensez-vous qu'Internet est un horizon pour l'écriture ? Comment ?

Mes réponses de l’enquêtée

Très chère Laure Limongi, je connais des métiers d’infirmier de conducteur de locomotives de pâtissier avec un cap ou un bep et puis qu’il n’y a pas de sots métiers même dans les hôpitaux de la santé mentale. Alors je suis flattée d’être posée par la question d’être un écrivain. Je n’arrive pas à me dire une auteure ou une écrivaine pourtant j’étais il me semble la marraine de mon filleul dans une époque où l’internette était réservée au métier de l’armée.
Mais oui vous avez raison écrivain c’est un beau métier avec des cigares et du whisky et de voir tous ces gens qui font la queue dans les salons pour échanger de la conversation avec Philippe ou avec Philippe. On voudrait bien d’un métier comme ça pour son filleul.
Alors supposons que je sois recrutée dans les femmes de lettres comme Rachilde ou Agrippine d’Aubignée, je penserai qu’un écrivain vit dans l’angoisse d’une réponse négative de l’éditeur mais au bout d’un moment, il ou elle s’habitue car on sait bien que les réponses qui sont oui ne viennent pas dans la sacoche du facteur mais dans l’écouteur du téléphone.
L’écrivain ne vit pas seulement dans l’attente, il doit travailler pour acheter les timbres et les clés de l’usb et payer la connection connexion j’écris les deux. L’écrivain vit le jour au jour le jour et la nuit à la nuit comme un vagabond dans l’idée d’un Arthur Rimbaud qui ne sait pas qu’on peut monter un dossier pour une bourse du centre national de littérature. La part mot dite de l’activité de l’écriture ne permet pas de modifier le quotient familial. Je le regrette sincèrement.

Je suis heureuse que vous me posiez la question du blog littéraire. Depuis que j’ai ouvert ma blogue (je préfère) d’étoile point étoile grâce à la bénignité de Sir Blogger dans le mois de juillet 2005, j’ai fait comme des feux d’artifice de poésie élémentaire en saucissonnant les prospectus du carouf champêtre et ceux de briques au dépôt entre autres. J’ai même fait des dessins parce que je n’ai jamais oublié qu’Henri Michaux disait mais pas à l’école si tu sais écrire tu sais dessiner.
Ici au Club des Anciens (comme à la Mapad) on m’autorise le scannage des dessins. C’est quand même mieux que de scanner le cerveau ou les anévrismes.
Je suis très fière aussi de mon œuvre in progresse sur la blogue, mon anthoveaulogie dont j’espère sincèrement qu’elle attirera un jour l’attention de la chambre de commerce de la boucherie qui en favorisera l’édition des veaulumes avec sponsorisation bénévole. Je dirais même plus que mon œuvre fait partie intégrante de l’écriture de ma blogue et réciproquement.
Sans hésiter je dis oui. Oui. Oui. L’horizon de l’écriture dans ma jeunesse était limité à ma gauche par la marge réserve du stylo rouge de Madame et à droite par le bord du pupitre gravé. Dans la présente je peux customiser et même créer autant de blogues que je le veux avec des pseudonymes et des sacs de gigastorages.
Vous savez j’avais aussi mon mon espace sans bégayer mais je l’ai supprimé car j’avais trop d’amis et même d’amies qui ne m’aimaient pas vraiment et moi non plus. J’ai de nombreux fichiers pour conserver tous les commentaires que je sème ici ou là. Voilà un nouvel horizon, un nouvel espace avec énormément de publicité pour des objets inutiles mais au bout d’un moment on ne les voit même pas et puis la petite souris fait clic et hop tout disparaît retour au néant, juste comme je disais dans le commencement.
A mon âge je sais bien que les observateurs ne publieront pas de photos de mon derrière littéraire mais je m’endors quelquefois en sachant que personne ne connaît le mot de passe de ma blogue et si je ne me réveille pas sa littérature restera encore quelque temps à l’horizon des écrans.

mercredi 13 janvier 2010

DANS UN LIEU DU PUBLIC

Dans un lieu du public, je regarde distraitement le plan d’évacuation des locaux et sans doute suis-je dans l'imprudence de ceci. Il peut arriver dans des ouvrages que la table des matières ne soit pas signalée, pas toujours signalée, ce qui me fait perdre un peu de mon précieux temps. Bien sûr, je ne m'attends pas à ce que l'index me renseigne sur les pages dans lesquelles broutent les veaux.
Mon amie Alfonsina essaie de perdre du poids surnuméraire en montant et en descendant de sa balance plusieurs fois dans sa journée. Dans le train entre Hazebrouck et Armentières, j'ai vu sans les entendre un et une baissant la voix pour parler d'argent.
J'ai remarqué dans l'audition des radios de la France que les guerres s’arrêtent le week-end et les jours fériés et sont remplacées par des combats de luttes sportives. Je sais que les journalistes s’efforcent de dire la vérité. Quelquefois, j'attrape du mal à la tête en essayant de comprendre. J'ai sûrement perdu la notice. C'est sans doute du progrès dans l'échologie d'utiliser les vieux journaux pour imprimer les nouvelles fraîches.
Je ne reste pas là sur le quai pour attendre le jugement dernier et les résultats du loto, mais le printemps reviendra.

jeudi 5 novembre 2009

LES SEPT CHANSONS DE MON MOMENT

A la demande de Monsieur Notbilly qui étanche son chagrin en versant des larmes dans son verre, je propose publiquement la chaîne de mes sept chansons de préférence instantanée et j'invite sept volontaires inconnus à en faire la pareille dans leur blog individuel.
1.
Digging My Potatoes par le prestigieux GRAND BILL BROONZY
2. Don't Treat Me Like A Child par la merveilleuse HELENE SHAPIRO
3. Warm Leatherette par l'extraordinaire NORMAL
4. Re-Bop par l'ensemble mixte de MARIE ET LES GARC
ONS (avec une cédille sous le C mais je n'y suis pas arrivée, c'est comme ça !)
5. Safe As Milk par le génial CAPITAINE COEUR DE BOEUF ET SON ORCHESTRE MAGIQUE
6. Daniéla par les grandes CHAUSSETTES NOIRES
7. L'amour est un bouquet de violettes par le sympathique LUIS MARIANO
(Je dédie cette septième chanson à mon amie Alfonsina V.)

mercredi 21 octobre 2009

JE RETIENS MON SOUFFLE

Je retiens mon souffle quand je passe à proximité et à la vue des tours de refroidissement d’une centrale atomique. Je n'ai pas beaucoup de décimètres cubes dans ma poitrine. Et souvent je le sais je bouge en déplacement au milieu des ondes électromagnétiques.
Je me suis toujours efforcée de rester dans la politesse pour répondre aux inquisitions d’un gendarme avec son képi.
Je ne suis pas morte encore, mais revenue et je sais bien qu'à ce moment-là, je ne regarderai pas l'horloge de la dernière heure.
Je rencontre des personnes avec des clous enfoncés ici ou là et ça me fait penser à des images du peintre Goya comme le peloton d’exécution ou les descentes de + ainsi que des variantes brutales du tatouage.

jeudi 24 septembre 2009

LA MORT INSTANTANEE

La mort instantanée est-elle un peignoir pour l'été ? un kimono avec ceinture à nouer livré avec le mini-slip assorti ?
Pour ma part, je suis persuadée qu'il vaut mieux passer la wassingue que jeter l'éponge. Le ballottement du fessier laboureur, c'est comme tatouer le trou sombre des pupilles d'un clip subliminal. Juste avant, je me sens la tête anisée comme si j'avais bu un verre de pastis pareil à l'apéritif de la jeunesse quand j'étais assise à la place de la morte. J'imagine : brutalement, un bras qui jaillit à travers le pare-brise securit pour se nicher dans l'ombre rase entre deux rotondités géologiques. Les roues qui mâchent le macadam rutilant. Le sang qui séche au ralenti le long du bras.
Je ne vais pas m'étaler sous le sujet, ni me tendre au flou du tronc et du membre.
Une chose m'apparaît claire dans la brume de l'automne commençant : la volonté dernière du défunt est qu'on la respecte.

jeudi 20 août 2009

MA CORRESPONDANCE AVEC ANNE-CHARLOTTE (10)

Si je suis revenue, c'est que j'étais ailleurs partie et cachée. Dans cet ailleurs comme trou noir, j'ai jeté l'accumulation de première blogue. Puis il y eut une nouvelle terre comme la Révélation. Je réponds aux questions de Lise avec qui je corresponds en commentaires sur la latéralité de ma correspondance avec Anne-Charlotte. Lise me parle de ma biographie à paraître. Dans ce courrier de 2006, je me référence à la biographie malheureusement disparue qui fut écrite dans la blogue. Cependant on la trouve reconnaissable dans l'ouvrage anthologique publié par Le Corridor Bleu, du jeune Charles-Mézence Briseul. Là sont reproduites mes lettres et mes expérimentations de littérature marginale et brute avec tous les poètes septentionaux de la France pour une somme de poésie des fous et crétins, sic c'est le titre sic. Le vrai titre est "Cadavre Grand m'a raconté". J'y ai ma notice biographique et celle d'Alfonsina Vandenbeulque avec qui j'étais dans le stage de soins à l'hopîtal de Saint-Venant. On peut la lire là avec celle d'Ivar Ch'Vavar et Konrad Schmitt et aussi Annie Mols puis Evelyne Nourtier avec des dizaines d'autres du dehors mais dans leur tête. Je préfère que ce soit une autre. Je ne suis pas ma biographe. Mais je sais que je suis dans le livre qui parle de moi et que j'ai lu. J'ai donné l'autorisation pour tous les pays y compris l'U et Récesse de reproduire des pages de mon journal. Mon journal est personnel personnellement écrit dans ma tête monologuant de l'âne et du coq et le retour. Je suis un peu longue et cette introduction explique pourquoi ma biographie n'est plus ici mais dans les limbes de l'internette avec tous les jolis commentaires que je rédigeai pour mes bons et bonnes ami(e)s de mon monespace. Je me donne à la parole maintenant qui répondit en 2006 à Mademoiselle de Vermeil.

29/1/06 14:14
Ma chère Anne-Charlotte,
Je sais bien que j’ai été rude avec vous dans ma dernière épître. Je l’ai regretté mais que voulez-vous ?, j’étais franchement fâchée de vous voir vous pâmer d’admiration devant ce paon philosophe avec ses paraboles même pas dignes de capter l’audience de TF1...
Allez, je vous confidence ceci : c’était peut-être l’oreille de la jalousie qui pointait son nez au bout de mes doigts !
Anne-Charlotte, je vous prie, ne gaspillez pas vos réserves d’admiration. Le coeur est grand et solide mais les poumons sont mous et compressibles.
Vous n’êtes pas seule. En permanence, vous êtes accompagnée par vos patronnes, sainte Anne, la maman de la Vierge et sainte Charlotte, qui est si bonne avec les fruits rouges et n’oubliez pas aussi, votre ange gardien, votre saint Gabriel en personne qui veille sur vous sur vous veille surveille vous comme une caméra vidéo avec son gros oeil à facettes.
Ne me dites pas que tout ça, c’est du roman de gare ! Bien sûr, vous avez lu ma biographie officielle sur mon blog., mais il ne faut pas prendre tout ce qui est écrit là comme parole d’ingénieur SNCF ou d’évangile. Vous aurez remarqué que cette biographie a été rédigée par mon polygraphe ami Lucien Suel qui n’en a jamais été à trois exagérations près. Cela lui faisait plaisir d’inventer des détails incongrus grotesques et je le laissai faire, car, voyez-vous, je n’attache aucune ficelle d’importance à l’opinion publique qui s’intéresse à ma vie privée et, pour parler un peu vulgairement, je m’en baragouine le duc. En revanche, l’épisode que je narrai récemment concernant mon travail de maquillage pour les jerrys punks comme Siouxsie est sang pour sang véritablement authentique.


Anne-Charlotte ! Des visions ! Des vraies visions vous eûtes ! Ah ! j’en tremble et mes jambes tremblent. Dites-moi ! Révélez-moi à moi vos visions comme un papier sensible dans la cuve de ma métaphysique personnelle. J’ai soif de nouvelles visions. Je manque cruellement d’images VRAIES dans ce monde saturé de faux-semblants épileptiques.
L’achèvement de votre missive m’électrifie surprenamment. Une extension invisible ? Caisse ? Vous voulez dire genre .jpg ou .doc, un troisième oeil ou le bras armé de la justice divine. Je commence à croire, chère Anne-Charlotte que vous avez été choisie, une élue trébuchant sur le chemin de ma chaumine.
N’ayez plus de peine à cause de moi. Je vous affectionne et si je vous ai énervée (vénérée ?), considérez simplement que ma colère ne fut que l’effervescence de ma pitié comme le dit cette phrase que j’ai lue dans le Journal.
Enfin, rassurez-vous : la mort n’a pas peur de nous ; pourquoi donc aurions-nous peur d’elle ? Na ! Je vous le demande.
Croyez à mon affection.
Votre vieille méchante, Mauricette