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jeudi 24 septembre 2009

LA MORT INSTANTANEE

La mort instantanée est-elle un peignoir pour l'été ? un kimono avec ceinture à nouer livré avec le mini-slip assorti ?
Pour ma part, je suis persuadée qu'il vaut mieux passer la wassingue que jeter l'éponge. Le ballottement du fessier laboureur, c'est comme tatouer le trou sombre des pupilles d'un clip subliminal. Juste avant, je me sens la tête anisée comme si j'avais bu un verre de pastis pareil à l'apéritif de la jeunesse quand j'étais assise à la place de la morte. J'imagine : brutalement, un bras qui jaillit à travers le pare-brise securit pour se nicher dans l'ombre rase entre deux rotondités géologiques. Les roues qui mâchent le macadam rutilant. Le sang qui séche au ralenti le long du bras.
Je ne vais pas m'étaler sous le sujet, ni me tendre au flou du tronc et du membre.
Une chose m'apparaît claire dans la brume de l'automne commençant : la volonté dernière du défunt est qu'on la respecte.

mardi 8 septembre 2009

MA CORRESPONDANCE AVEC ANNE-CHARLOTTE (14)

FIN DE LA CORRESPONDANCE
VEILLEZ A NE RIEN OUBLIER A VOTRE PLACE

J'ai du chagrin à chagriner mes lectrices et lecteurs, mais je dois vous malheureusement informer que ceci est le dernier des blogages consacré(s) à la correspondance inter Anne-Charlotte, car ici est la lettre que je lui écrivis destinataire et à laquelle ne fut jamais donné sa réponse. Ainsi s'acheva lors et s'achève donc ce jour la rendition de ma correspondance avec Mademoiselle Anne-Charlotte de Vermeil.
Peut-être cependant si dans le hasard de ses jours, elle est amenée à jeter un oeil ou deux sur ma modeste blogue, alors reprendra-t-elle le flambeau épistolier. J'en serais fortèze.
Mais d'ici là, nous avons des morceaux en suspens, le feuille-thon qui va reprendre son cours feuilletonesque, l'anthoveaulogie qui de nouveau meuglera dans les chaumières de l'automne, et je suis au bonheur de vous annoncer que j'ai retrouvé dans un bloc concassé de fichiers la presque totalité du contenu jeté dans les oubliettes avant mon départ d'égarée pour la salle de soins. Je suis vaillante maintenant pour les redisposer dans les colonnes entre les deux étoiles et finir par un point.
En attendant ces nouvelles surprises dans la lecture de l'internette, voici dessous ma dernière missive à la brave Anne-Charlotte.

De mon hameau l’avant- dernier jour de ce février l’an 2006
Chère Anne-Charlotte,

Le temps est gris froid mouillé et la porte de ma chambrette grince accompagnant le bruit de mon clavier. J’ai décidé ce jour de répondre aux questions que j’avais ignorées dans vos dernières lettres. Une question est une bonne chose pour moi, elle m’oblige à travailler de mon cerveau par une stimulation extérieure. Je commence à éprouver des difficultés à mettre au jour spontanément ma pensée. Cela est sans doute dû à l’engourdissement de l’hiver dans ma vie.
La première question est : " Où vivez-vous ? "
La réponse est : Ici maintenant entre la terre et le ciel au rez-de-chaussée toutefois dans une maison rénovée partiellement dans un petit village près de la frontière de Belgique. Je ne suis plus à Saint-Venant où je fus attachée sentimentalement mais jamais camisolée. J’ai avec moi quelques cartons de mes archives et une étagère de livres que je renouvelle régulièrement. Je cuisine sur la gazinière avec le gaz de mes tuyaux sous la terre et je dors dans un lit qui mesure 120 cm de large.
La deuxième question est : " Avez-vous des vrais amis ? "
La réponse est : Oui j’ai une paire de vraies amies qui m’écrivent dans l’internet de mon blog, Amel de " La Porte sur le toit " et Yasmine dans une " Ardente patience ". Mais je ne les vis jamais du réel uniquement par des codes sur l’écran de mon ordinateur. Pourtant la chaleur émane. Je n’ai qu’un seul ami qui me donne l’accolade amicale musculaire et vous avez raison de le nommer Lucien Suel. Nous partageons la complicité de littérature et de musique amplifiée avec l’arrière-plan d’un passé fortement chargé d’émotion esthétique et humaine.
La troisième question est : " Est-il soucieux de vous ? "
La réponse est : Oui, Lucien se souvient et se soucie de moi. Il l’a toujours fait même ainsi quand j’étais enfermée dans la ténèbre de mon cerveau en désordre. Il m’envoyait des présents, café et pantoufles, et surtout m’écrivait dans l’éloignement. Grâce à lui, j’ai pu revenir du pays de l’oubli et prendre place dans l’humanité de la terre. Ici aujourd’hui il me rend la visite hebdomadaire et m’apporte les vieux journaux du monde qu’il a déjà lus pour m’informer des progrès dans les bêtises et les signes de l’armageddon en croissance.
La quatrième question est : " Qui vous fait la vaisselle ? "
La réponse est : Je me fais la vaisselle à moi-même tous les matins à la fin de mon petit déjeuner grâce à l’évier de deux bacs et de l’eau chaude de notre cumulus nucléaire. Je suis restée fidèle au Mir qui fait le maximum et qui en même temps est bon pour le nettoyage des ongles et des rides.
La cinquième question est : " Existe-t-elle ? (votre sainte patronne) "
La réponse est : Oui, elle existe. D’ailleurs, Anne-Charlotte, j’en profite pour vous rappeler quelque chose que votre Caprioso de Philosophie ne vous a sans doute pas enseigné, c’est que tout existe. Il n’y a pas de raison, quoi ! Croyez-en mon expérience, je l’affirme en toute hauteur et force, TOUT EXISTE. Et sans aucun doute, sainte Mauricette, qui passe beaucoup de temps perchée en haut de mon armoire de cuisine en formica, d’où elle peut veiller avec attention sur mon petit ménage.
La sixième question porte sur le langage : " Pourquoi une fourchette pour une fourchette et pas un couteau ? "
La réponse est : Dans le langage anglais que j’ai utilisé en grande quantité à une période lointaine de mon existence sur le sol britannique, les aiguilles sont des mains mais les mains ne sont pas des aiguilles. Vous voyez donc qu’une fourchette peut-être un couteau et inversement, en dépit même de l’utilisation que vous en feriez. Ainsi il m’arrive de piquer un cornichon dans le pot qui est en face de moi en utilisant la pointe de mon couteau de même je découpe une portion de l’omelette avec la fourchette. En réalité Anne-Charlotte, cette interrogation que vous formulez innocemment sur le langage est la base de l’existence du monde et je veux dire toute l’existence et par là nous rejoignons ce que j’affirme dans la réponse numéro cinq TOUT EXISTE DANS LA LANGUE. Bien évidemment nous nous conformons au code usuel sinon ce serait la pagaille mais rien ne nous empêche de dire que la fourchette est un cornichon et que la question numéro formica est la réponse au couteau numéromelette. Voici la force du verbe. C’est grâce au verbe qu’en fin de conte ou compte et au total je vis dans le luxe le calme et la volupté pour les siècles du monde.
Il n’y a plus de questions mais j’ajoute encore quelques lignes pour le plaisir.
Je comprends bien vos difficultés avec le bateau du lycée la barque de la famille et l’esquif de l’amour inaccompli mais Anne-Charlotte, vous avez la liberté dans votre tête et vous avez la magie de la baguette du langage dont vous usez avec intelligence et subtilité. Pour ce qui est de vous bourrer la gueule comme vous l’exprimez un peu brutalement, je n’ai pas de conseil à vous donner sinon que les lendemains sont parfois déchanteurs et qu’il vaut mieux bien mâcher les aliments si l’on veut vomir confortablement. Quant à la perte de votre virginité, elle finira bien par arriver avec celui qui la trouvera naturellement. Je pense que dans votre esprit, vous l’avez déjà perdue. C’est juste une mise à jour à effectuer. Oserai-je dire que cela viendra automatiquement ? Qui vivra verra ! D’ailleurs vous le dites vous-même" J’ai l’impression d’être née grande, adulte, vieille.... "
Je vous embrasse donc comme une soeur.
Mauricette
Post-scriptum : Il me semble à la relecture que cette idée de l’existence dans la langue n’est pas sans rapport avec la philosophie de l’évêque Berkeley. Pourquoi n’interrogeriez-vous pas votre Leonardo Philosophe au sujet des théories de Berkeley ? Je serais amusée d’entendre sa réponse.

lundi 24 août 2009

MA CORRESPONDANCE AVEC ANNE-CHARLOTTE (11)

6ème email d'Anne-Charlotte
à
mauricette.beaussart@laposte.net
30 janv. 2006 11:20
(pas de sujet)

Ma chère Mauricette

J’ai tardé à vous répondre. Cette semaine, nous avons eu des épreuves de bac blanc. Alors, j’ai beaucoup révisé. Mais, je n’ai pas réussi. Je perds mes moyens. Vous savez, mon sujet de philosophie, c’était : « Pourquoi l’homme peut-il être inhumain ? » Je n’ai pas su quoi dire. Moi-même, je ne sais pas ce que cela signifie d’être un mortel. Ce que vous ne comprenez pas Mauricette, c’est la beauté de mon professeur de philosophie. Il ressemble à Leonardo di Caprio. Alors, je me pâme.
Pour en revenir à la solitude, où vivez-vous ? Avez–vous des vrais amis ? Vous m’évoquez un certain Lucien Suel. Il en a de la chance de vous avoir vue physiquement mais est-il soucieux de vous ? A votre âge, on a souvent besoin d’une aide-ménagère. Qui vous fait la vaisselle ? Ce ne pourrait être votre sainte patronne, quand même… Existe-t-elle ?Je ne connais que vous qui s’appelez Mauricette.
Pour vous parler de mes visions, il me faudrait un vocabulaire spécial. J’ai l’impression d’avoir tout compris sur la réincarnation. C’est prétentieux, je sais. Mais parfois, je vois le monde comme une étendue gluante, jaune et dorée. Des formes prennent vie peu à peu comme si nos molécules avaient une conscience d’émancipation. Cela dit, l’apparition du langage ne cesse de m’étonner… Pourquoi une fourchette pour une fourchette et pas un couteau ? ? ? Vous penserez que ce sont de drôles de préoccupations pour une fille de mon âge. C’est vrai… et c’est pour ça que je m’ennuie avec la plupart des gens. J’ai continué mon poème sur les chaussettes, mais je ne l’ai pas encore mis en ligne. Je vous en reparle, incessamment sous peu (ça, c’est une expression qu’emploie la secrétaire de mon père, incessamment sous peu…)
A bientôt Mauricette,
Je vous écris demain.
Anne-Charlotte

dimanche 16 août 2009

VENT DE PARATRE

Je profite de la trêve des glaciers estivaux pour republier une ancienne annonce qui réémerge superficiellement dans le naufrage de ma blogue trépassée. C'est une pause dans l'échange humain avec Anne-Charlotte mais cependant la raison est aussi qu'elle intervint dans les commentaires du bavardage interbloguant de l'époque.
vent de paratre
"LA PHLOSOPHE"
par
Martn Hedegger

Dedans cet ouvrage on trouve toute la phlosophe sauf "i".

Les commentaires :
co2 a dit...
igel = sangsueigelkott = hérissoninympa = grefferischias = sciatiqueitu = en morceauxiver = ferveur

beouf le boeuf a dit...
Dogène le cynque voulait composer le même, et comme tout le monde sait, n'a jamais rien écrit.(A moins que ce ne soit fredrch netzsche, dans un derner accès de fole...)

Mauricette Beaussart a dit...
Vous êtes beaucoup plus beau dans cette tenue qu'en salopette. Vous voyez, pas un seul "..." dans cette phrase. Fork Georges Pérec ! (je me permets ce gros mot)

Alfonsiiiiiiina a dit...
Hi hi hi Maurcette ! Vous n'aviez pas pensé au "a dit" ! J'en ris, comme dit Fondit !

Philippe[s] a dit...
Et connaissez vous l'auteur de la Flousoufe soufie ?

Mauricette Beaussart a dit...
Je pense que c'est Hamza al Qâdr al Boutchch.

anne-charlotte a dit...
Bonjour maurcetteJe cros que la phlosophe, c'est pas votre truc. Je pense que vous manquez d'amour. Comme le dt, mon prof de phlo, ça vent de netzsche, faut avor beaucoup de chaos en so, pour donner nassance à une étole vvante...Je vous écrs un courrel...

Mauricette Beaussart a dit...
Bonjour Anne-Charlotte.Un jour mon amoureux, c'est passé et même très passé, m'a offert une étole en peau de castor. L'odeur très forte me suffoqua. Notre amour cessa dans l'année.Je constate, Anne-Charlotte que votre professeur de phlosophe a toujours une aura importante.Concernant l'auteur de Zarathoustra, vous trouverez une note à son sujet dans le passé de ma blogue : Là !J'attends votre message dans le calme et la douceur de mon âge ancestral.

vendredi 31 juillet 2009

MA CORRESPONDANCE AVEC ANNE-CHARLOTTE (7)

Quatrième E-MAIL d'Anne-Charlotte,
le 16 janvier 2006, vers 12h.

Chère Mauricette,

Je me demande quels étaient vos rêves et ce que vous avez accompli entre 17 et 60 ans. Avez-vous déjà ressenti quelque chose de fou pour une personne ? Quand vous êtes allée à Londres, était-ce pour apprendre la langue ou parce que vous étiez tombée amoureuse ? Comme je vous l’ai dit, j’ai une petite soeur. Elle a 8 ans, presque dix ans d’écart et déjà, je l’envie d’être plus jeune que moi. Si c’était à refaire, j’aurais choisi une autre école et j’aurais fait de la danse. Maintenant, quand je lève la jambe, ça me tire tellement dans les muscles que je sais que je ne serai jamais danseuse. L’autre jour le prof de philo a raconté cette histoire : « Il était une fois un jeune homme qui menait la grande vie. Il avait beaucoup d’argent, il réussissait tout ce qu’il entreprenait. Un jour, il décida d’acheter une Ferrari rouge. Il roulait à toute vitesse sur les chemins de campagne. Il aimait les femmes et claquant des doigts, il avait le choix, aucune ne lui résistait. Un jour, avec sa Ferrari rouge, il s’arrêta dans une station essence. La pompiste était jolie. Quand il sortit sa carte American express, qu’il tapa son code, il fut satisfait. Il croyait que la jolie jeune femme succombait à son charme. A son insu, c’est lui qui se vit tout entier dans ses yeux bleus d’opaline. Les battements de son coeur s’accélérèrent. La jeune femme lui tendait le ticket de caisse. Il se surprit à trembler. Il comprit que la pompiste lui plaisait plus qu’il n’y songeait et voulut lui proposer de boire un verre. Elle refusa. Il insista. Mais elle lui tint tête. Il en fut troublé. C’était la première fois qu’on lui disait non. Pour la première fois, quelque chose en lui – une certitude que la vie devrait être comme il pensait, s’effondra. Devant la jolie femme, il éclata en sanglots comme un bébé. Celle-ci lui rit au nez et le tança :"L’amour ne s’achète pas. Avant de sortir ta carte bancaire, tu ferais mieux de connaître ton coeur." » Le Prof arrêta ici son histoire et nous demanda quelle en était la morale. J’ai levé mon doigt et me suis exprimée ainsi : « La semaine dernière, on a étudié Socrate qui disait connais-toi toi-même... La connaissance du coeur est peut-être le début du chemin... » Le Professeur m’a félicitée. Moi, je n’avais pas l’impression que c’était moi qui avais parlé mais quelque chose en moi de plus grand que moi... Aujourd’hui, je me demande ce qu’est la connaissance du coeur. Est-ce lorsqu’on est amoureux ? C’est pour ça que je vous pose toutes ces questions. Vous avez le privilège de l’âge.
Merci Mauricette,
Votre Anne-Charlotte.