Je retiens mon souffle quand je passe à proximité et à la vue des tours de refroidissement d’une centrale atomique. Je n'ai pas beaucoup de décimètres cubes dans ma poitrine. Et souvent je le sais je bouge en déplacement au milieu des ondes électromagnétiques.
Je me suis toujours efforcée de rester dans la politesse pour répondre aux inquisitions d’un gendarme avec son képi.
Je ne suis pas morte encore, mais revenue et je sais bien qu'à ce moment-là, je ne regarderai pas l'horloge de la dernière heure.
Je rencontre des personnes avec des clous enfoncés ici ou là et ça me fait penser à des images du peintre Goya comme le peloton d’exécution ou les descentes de + ainsi que des variantes brutales du tatouage.
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mercredi 21 octobre 2009
JE RETIENS MON SOUFFLE
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Tatou,
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mercredi 26 août 2009
MA CORRESPONDANCE AVEC ANNE-CHARLOTTE (12)
C'est une étrange procédure de proposer une lecture d'hiver en été, mais outre que cela nous rafraîchit, surtout si l'eau dedans est fraîche d'avance, la seconde outre est celle de ma contradiction espacio-temporelle. Ainsi n'étant pas étrangère à moi-même, je vous souhaite une bonne lecture dans la continuation estivale de notre correspondance passée.
Réponse à Anne-Charlotte.
Les boulets compressés rougissent et fondent en chaleur et poudre grise dans le petit poêle de fonte noire de Monsieur Godin. Les poussières craquent sous le saphir pendant que Madame Elisabeth Schwarzkopf susurre des romances dessus le piano de Gerald Moore. C’est un plaisir d’amour tandis que j’écris à ma chère Anne-Charlotte d’une insatiable curiosité.
De nombreuses jeunes femmes jeunes filles veulent tout connaître et même quelques hommes de moi. Dernièrement ainsi, l’une d’entre la demi-douzaine qui porte le riche et beau prénom de Laure fut à me demander si l’on m’avait autrefois voituré au bal dans une belle automobile. Oui, nous embarquâmes dans une longue et large voiture jaune de chrome qui portait le riche et beau prénom d’Ariane. Oui, je dansai sur les parquets cirés sous les boules à facettes hypnotiques. Je tournoyai dans la valse et sautillai galopai dans la steppe slave de la polka. J’ai aussi hardiment traversé les salles de bal en martelant des paso-dobles et repoussant devant moi les épaules d’un matador affriolant. J’ai aussi été véhiculée sur les coussins de la Vedette et de la Chambord que conduisaient des rasés de près jeunes gens cravatés de soie et chaussant des souliers gris perle à boucles dorées. Et même ce fut à l’étranger dans des Chevrolet et des Buick longues comme la Micheline qui roule entre Armentières et Hazebrouck.
Mais des revers de ma santé eurent lieu et quand je revins dans le jour du siècle, les modes avaient changé. On pouvait sauter en l’air et tournoyer en étendant les bras et les poings serrés et soudainement se jeter sur les autres danseurs comme des boules de bowling. Ceci s’appela pogo qui était le tango pour punk. A cette époque je me déplaçais dans le tube de Londres entre le 100 CLUB et le Marquee. Je pratiquais la danse avec des All Stars converties crasseuses et trouées. Quelquefois, il m’arriva de même de danser avec une bouteille à la main de bière et dans le bec une Chesterfield ou une Dunhill allumée.
Croyez-vous ça, Anne-Charlotte ? Oui je sais, vous vous dites, elle se défile, la vieille. Elle ne répond pas à mes questions. Oui oui oui oui mais nous avons le temps de notre côté, n’est-ce pas ? Et même si nous ne nous réincarnons pas sur la planète Vénus en compagnie de Marylin Monroe et de Frank Sinatra, nos ectoplasmes parleront pour nous à la surface des cuillères à soupe, des étangs limpides, des miroirs vides et des plaques de tôle inoxydables signées Guy Degrenne qui couvrent les murs des toilettes dans les estaminets et les pubs de l’underworld. Alors oui oui oui oui je prendrai le temps de répondre à vos interrogations questionnifères sur le langage la réincarnation les analgésiques la beauté et les molécules de notre monde.
Je suis très intriguée par l’évocation à l’intérieur de votre lettre dernière du poème sur les chaussettes. J’aimerais delightfully le lire. Peut-être même accepteriez-vous une collaboration ? Je souhaite écrire à quatre mains avec vous sur les pieds. Nous pourrions faire la paire ! Cette semaine, j’ai lu le Livre d’Ezéchiel, c’est plutôt effrayant et je ne recommanderai pas ce déchiffrage aux personnes de fragile constitution cérébrale. C’est curieux que vous me parliez de bac blanc. Je pensais que cet examen des bacs avait été supprimé et que dès lors on pouvait à l’université entrer comme on le voulait ainsi même comme analphabète en voie d’acquisition. J’étais dans l’erreur. Je devrais sans doute acheter un poste de la télévision. Il paraît qu’il y a de nouvelles entraves (chaînes ?) intéressantes avec de la TNT. Je vous souhaite le succès que vous méritez. Portez-le bien, Anne-Charlotte.
Et je signe ici votre
Réponse à Anne-Charlotte.
Mon foyer, le 10 février 2006
Les boulets compressés rougissent et fondent en chaleur et poudre grise dans le petit poêle de fonte noire de Monsieur Godin. Les poussières craquent sous le saphir pendant que Madame Elisabeth Schwarzkopf susurre des romances dessus le piano de Gerald Moore. C’est un plaisir d’amour tandis que j’écris à ma chère Anne-Charlotte d’une insatiable curiosité.
De nombreuses jeunes femmes jeunes filles veulent tout connaître et même quelques hommes de moi. Dernièrement ainsi, l’une d’entre la demi-douzaine qui porte le riche et beau prénom de Laure fut à me demander si l’on m’avait autrefois voituré au bal dans une belle automobile. Oui, nous embarquâmes dans une longue et large voiture jaune de chrome qui portait le riche et beau prénom d’Ariane. Oui, je dansai sur les parquets cirés sous les boules à facettes hypnotiques. Je tournoyai dans la valse et sautillai galopai dans la steppe slave de la polka. J’ai aussi hardiment traversé les salles de bal en martelant des paso-dobles et repoussant devant moi les épaules d’un matador affriolant. J’ai aussi été véhiculée sur les coussins de la Vedette et de la Chambord que conduisaient des rasés de près jeunes gens cravatés de soie et chaussant des souliers gris perle à boucles dorées. Et même ce fut à l’étranger dans des Chevrolet et des Buick longues comme la Micheline qui roule entre Armentières et Hazebrouck.
Mais des revers de ma santé eurent lieu et quand je revins dans le jour du siècle, les modes avaient changé. On pouvait sauter en l’air et tournoyer en étendant les bras et les poings serrés et soudainement se jeter sur les autres danseurs comme des boules de bowling. Ceci s’appela pogo qui était le tango pour punk. A cette époque je me déplaçais dans le tube de Londres entre le 100 CLUB et le Marquee. Je pratiquais la danse avec des All Stars converties crasseuses et trouées. Quelquefois, il m’arriva de même de danser avec une bouteille à la main de bière et dans le bec une Chesterfield ou une Dunhill allumée.
Croyez-vous ça, Anne-Charlotte ? Oui je sais, vous vous dites, elle se défile, la vieille. Elle ne répond pas à mes questions. Oui oui oui oui mais nous avons le temps de notre côté, n’est-ce pas ? Et même si nous ne nous réincarnons pas sur la planète Vénus en compagnie de Marylin Monroe et de Frank Sinatra, nos ectoplasmes parleront pour nous à la surface des cuillères à soupe, des étangs limpides, des miroirs vides et des plaques de tôle inoxydables signées Guy Degrenne qui couvrent les murs des toilettes dans les estaminets et les pubs de l’underworld. Alors oui oui oui oui je prendrai le temps de répondre à vos interrogations questionnifères sur le langage la réincarnation les analgésiques la beauté et les molécules de notre monde.
Je suis très intriguée par l’évocation à l’intérieur de votre lettre dernière du poème sur les chaussettes. J’aimerais delightfully le lire. Peut-être même accepteriez-vous une collaboration ? Je souhaite écrire à quatre mains avec vous sur les pieds. Nous pourrions faire la paire ! Cette semaine, j’ai lu le Livre d’Ezéchiel, c’est plutôt effrayant et je ne recommanderai pas ce déchiffrage aux personnes de fragile constitution cérébrale. C’est curieux que vous me parliez de bac blanc. Je pensais que cet examen des bacs avait été supprimé et que dès lors on pouvait à l’université entrer comme on le voulait ainsi même comme analphabète en voie d’acquisition. J’étais dans l’erreur. Je devrais sans doute acheter un poste de la télévision. Il paraît qu’il y a de nouvelles entraves (chaînes ?) intéressantes avec de la TNT. Je vous souhaite le succès que vous méritez. Portez-le bien, Anne-Charlotte.
Et je signe ici votre
Mauricette et Beaussart.
jeudi 9 juillet 2009
MA CORRESPONDANCE AVEC ANNE-CHARLOTTE (2)
Anne-Charlotte
Deuxième E-MAIL, le 11 janvier 2006, 18h01
Chère Madame Beaussart,
Je vous remercie de votre commentaire sur le blog, si rapide. J’ai toujours un peu le trac quand j’écris des trucs que tout le monde peut lire, surtout que vous avez beaucoup d’amis. Cela me rassure, vos propos sur la chocolat. Je ne vous ai pas tout dit. j’en vole souvent au monoprix, le côte d’or aux noisettes, extra. Je suis une vraie chocolat maniaque ;-). Votre conception de l’art contemporain m’a bien fait rigoler. Mon prof de français nous tient toujours des discours sur les artistes comme s’ils étaient sortis de la cuisse de Zeus. Je ne connais pas Pollock. J’ai interrogé Google. Wahouououou.... Il a l’air un peu ouf-louf, Pollock le Plouf. J’ai eu une idée. Si je tue mes parents avec une pelle on pourra m’appeler Pollock. Le truc, c’est qu’il faudrait que je les tue devant un mur vierge. Or à la maison, il y a partout des portraits de famille. Moi, je ressemble au plus moche, un aïeul de la fin XVIIIème. Ma mère me dit souvent que j’ai la tronche d’une fin de race. Quand elle me dit ça, j’aboie, elle devient toute rouge et contient sa rage. J’en rajoute une couche, j’assume que les chiots naissent des chiennes. Elle est furieuse. Je suis nulle en science de la vie et de la terre. J’ai l’air méchant, attention, je n’aboie pas devant un chat en rut, je n’en ai jamais vu. J’ai beaucoup à apprendre. Les filles de la classe expliquent comment elles mettent un préservatif, ça n’a pas l’air facile. Entre nous, je ne vois pas où placer la pilule. Si j’explique qu’elle se met au fond du caoutchouc, vous pensez qu’elles vont se moquer de moi ??? Faut que je vous avoue, Madame Beaussart, je suis innocente, blanche comme colombe dans la Bible, et ça fait l’objet de railleries, on croit que je sors des nuées. A 17 ans, c’est normal et naturel d’avoir fait l’amour avec un garçon, mais pas pour moi, parce que je ne sais même pas ce qu’est l’amour.
A bientôt, Madame Mauricette,
Votre Anne-Charlotte
Deuxième E-MAIL, le 11 janvier 2006, 18h01
Chère Madame Beaussart,
Je vous remercie de votre commentaire sur le blog, si rapide. J’ai toujours un peu le trac quand j’écris des trucs que tout le monde peut lire, surtout que vous avez beaucoup d’amis. Cela me rassure, vos propos sur la chocolat. Je ne vous ai pas tout dit. j’en vole souvent au monoprix, le côte d’or aux noisettes, extra. Je suis une vraie chocolat maniaque ;-). Votre conception de l’art contemporain m’a bien fait rigoler. Mon prof de français nous tient toujours des discours sur les artistes comme s’ils étaient sortis de la cuisse de Zeus. Je ne connais pas Pollock. J’ai interrogé Google. Wahouououou.... Il a l’air un peu ouf-louf, Pollock le Plouf. J’ai eu une idée. Si je tue mes parents avec une pelle on pourra m’appeler Pollock. Le truc, c’est qu’il faudrait que je les tue devant un mur vierge. Or à la maison, il y a partout des portraits de famille. Moi, je ressemble au plus moche, un aïeul de la fin XVIIIème. Ma mère me dit souvent que j’ai la tronche d’une fin de race. Quand elle me dit ça, j’aboie, elle devient toute rouge et contient sa rage. J’en rajoute une couche, j’assume que les chiots naissent des chiennes. Elle est furieuse. Je suis nulle en science de la vie et de la terre. J’ai l’air méchant, attention, je n’aboie pas devant un chat en rut, je n’en ai jamais vu. J’ai beaucoup à apprendre. Les filles de la classe expliquent comment elles mettent un préservatif, ça n’a pas l’air facile. Entre nous, je ne vois pas où placer la pilule. Si j’explique qu’elle se met au fond du caoutchouc, vous pensez qu’elles vont se moquer de moi ??? Faut que je vous avoue, Madame Beaussart, je suis innocente, blanche comme colombe dans la Bible, et ça fait l’objet de railleries, on croit que je sors des nuées. A 17 ans, c’est normal et naturel d’avoir fait l’amour avec un garçon, mais pas pour moi, parce que je ne sais même pas ce qu’est l’amour.
A bientôt, Madame Mauricette,
Votre Anne-Charlotte
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